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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
LA RENCONTRE
ALAIN CAVALier
11 avril 07 à 19h30

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Réalisateur, acteur, scénariste, Alain Cavalier réalise avec ce journal d’une expérience amoureuse commencé en 1993 un film à fleur de peau, véritable ovni cinématographique. Alain Cavalier filme au quotidien des objets personnels, des fragments de corps, tous ces riens qui font les petits bonheurs, les menus chagrins, les grands moments d’amour, pour composer une chronique intimiste, à la fois documentaire et romanesque. Avec une esthétique minimaliste qui s’inscrit dans l’évolution de plus en plus épurée de son cinéma, La Rencontre est une déclaration d’amour pudique à une femme, le cinéaste faisant partager ce que l’état amoureux a d’absolument unique : le bouleversement radical du regard. Crédits photos : droits réservés

Seront également présentés huit courts métrages réalisés par Alain Cavalier à l'occasion de l’édition DVD de La Rencontre, à sortir fin février 2007 : La Petite Usine à trucages, La Danseuse est créole, Chat du soir, Bombe à raser, La Fille de Brioche, J’attends Joël, Agonie d’un melon, Bec d’oiseau en plexiglas.

1993 par François Cusset
L’Autriche, ou l’art de faire bonne impression : n’ont-ils pas réussi, comme on s’en amuse dans le monde germanique, à faire croire à tout le monde que Beethoven était autrichien et Adolf Hitler, allemand ? Décidément duplice, l’Autriche n’est pas seulement, en matière d’avant-garde, la Vienne de Freud et Klimt célébrée au Centre en 1986, messianique et mélancolique, elle est aussi le berceau de l’« Aktionism » des années 1960, cette expérience mutilante et intempestive dont portent témoignage, dans le programme de 1993, les photos de 1965-1966 prises par Rudolf Schwarzkogler et celles des descentes aux enfers du pionnier Günter Brus — expérience éphémère de l’actionnisme viennois qui valut au vieux mythe orphique du « grantart » une sacrée gueule de bois, et à l’Occident « civilisateur » l’inquiétude panique de ses marges. Car l’action, ici, ne s’affuble d’un –isme que pour mieux s’aguerrir : art contractif, contractionné, contresthétique. Qu’il se lacère à même une grande toile blanche ou bien peigne sa femme en noir, traînée dans les flaques de peinture d’un coin de studio, Günter Brus ne cesse de mettre à l’épreuve, selon le titre de cette exposition, la « limite du visible », au sens strict d’un passage « en acte » de l’autre côté de la représentation, pas au sens platement métaphorique des éternelles querelles entre iconophiles et iconoclastes. Dans ce refus de la métaphore, ce risque du dépouillement, ce jeu avec les gouffres, les actionnistes viennois, avec ou sans le sang et les excréments, semblent rejoindre cette année-là d’autres sombres invités du Centre : Zao Wou-Ki et Pierre Alechinsky, réunis pour « Manifeste II », ou Jean Baudrillard, Bill T. Jones, et même Bernard-Marie Koltès — le temps d’un hommage au dramaturge, disparu trois ans auparavant, et à sa brève traversée de la violence du monde. L’Action peut donc être perdition, circonvolution, séparation d’avec soi, fulguration aussi, tout le contraire de l’impuissance du dominé, ou alors, en face, des ratés tragiques de la vieille « action politique » des gouvernants. Car l’année où meurent Fellini et Léo Ferré est aussi celle où l’Amérique et l’ONU envoient leurs soldats « restaurer l’espoir » en Somalie, pour un résultat pire que le mal, celle où le nouveau premier ministre Édouard Balladur veut consulter en sondage national une « jeunesse » qui préfère lui répondre dans la rue, et celle où son prédécesseur Pierre Bérégovoy se donne la mort quelques semaines après avoir quitté Matignon. Le genre d’année où l’action, nécrosée, s’inventerait bien une autre politique. Tous les textes de François Cusset -->


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