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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
MES VOEUX
aNNETTE MESSAGER
13 juin 07 à 19h30, Petite salle

77 79 84 97 82 78
83 93 90 91 98 86
81 92 88 85 07 00
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« Faire de l’art, c’est truquer le réel ». À travers des installations qui combinent photographies, dessins, broderies, couture, animaux empaillés, poupées, peluches, objets divers, Annette Messager construit depuis les années 1970 une autobiographie fictive dont, telle une petite fille capricieuse et jalouse, elle s’approprie les éléments qui deviennent ses jouets : « Mes trophées », « Mes petites effigies », « Mes pensionnaires », « Mes jalousies », « Ma collection de proverbes », « Ma vie pratique ».

Annette Messager met en scène le devenir-inquiétant des objets familiers et des jeux d’enfant. En 1988 elle réalise une série d’œuvres entre la photographie et la sculpture, intitulée « Mes vœux ». Chacune est un assemblage spatial de photographies en noir et blanc, de petit format, qui représentent des fragments d’anatomie humaine. Un genou, un orteil, un sein, une bouche... Des morceaux d’hommes et de femmes mélangés, découpés dans des cadres noirs et pendus au bout de minces ficelles. Devant Mes vœux, on a l’impression de regarder son propre corps fragmenté dans une étrange autobiographie de tout le monde. Crédits photos : Annette Messager, Mes voeux, 1988.

1988 par François Cusset
Tout relire au prisme des « fifties ». Les années cinquante avec leur ordre prospère et leurs lignes de fuite, « entre béton et rock » comme l’affirme l’exposition du Centre, pour faire sens de ce monde sans histoire, recentré et largement privatisé, que semble être la France de 1988. Telle est l’intuition qui préside à cette riche convergence « fifties » : qu’entre les tragiques années 1940 et les « crazy sixties » de la contestation, c’est bien plutôt de cette décennie discrète, qui chantait surtout croissance et modernisation, que la France des années 1980 paraît vouloir renouer le fil, en mettre au goût du jour les bonheurs matériels et les promesses technocratiques. Du coup, tout au Centre paraît renvoyer soudain à ces années lointaines : si l’architecte Jean Nouvel joue à mettre en scène l’affiche très rétro du festival « Cinéma français des années 1950 », à grand renfort d’archéo-design et d’objets d’époque (machine à écrire ou meuble-télé en faux acajou), on peut aussi, en 1988, survoler « Trente ans de design français » réunis là par Philippe Starck, redécouvrir les propositions musicales et plastiques radicales des « fifties » hexagonales ou encore célébrer « Le dernier Picasso » (1953-1973), dont la grande Pisseuse rejoint cette année-là les collections du Musée national d’art moderne — assise les pieds en canard à se gratter distraitement un téton. Quelles que soient les œuvres auxquelles s’affronte le Centre en 1988, celle de Jean Tinguely ou celle de Franck Stella, on pressent qu’elles puisent leur énergie dans cette décade faussement atone, radicalement pionnière. Que faisait alors Cy Twombly ? Il passait par le havre boisé du Black Mountain College, y côtoyant John Cage ou Robert Motherwell, y pratiquant cette synesthésie des avant-gardes qui permit aux poètes beat de se saisir des arts plastiques et aux pionniers du « cut up » d’apprendre à tendre l’oreille. Et que fabriquait alors l’architecte finlandais Alvar Aalto ? Entre l’Asie et l’Amérique, il s’accordait une pause à Helsinki, y installant une fabuleuse Maison de la culture ergonomique et multiface. Quant à Pierre Guyotat, auquel la BPI consacre en 1988 plusieurs événements, il n’était qu’adolescent au cœur des « fifties », mais il écrivit alors son premier texte publié, Sur un cheval, et s’apprêtait à être appelé en Algérie — où il serait inculpé dès 1960 pour insoumission. Trente ans plus tard, la France consensuelle de la seconde élection de Mitterrand et du premier gouvernement « d’ouverture » (Michel Rocard premier ministre), cette France télégénique que les commentateurs appellent « post-idéologique », quand ils ne parlent pas même de « République du Centre » (à rebours d’une histoire politique française conflictuelle et polarisée), se prépare elle aussi à tourner la page, pour aborder une décennie d’accélération de l’histoire et d’insoumissions nouvelles. Au parallèle « fifties-eighties » va succéder l’osmose « sixties-nineties » — mêmes combats. Tous les textes de François Cusset -->


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