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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
SKULPTUR PROJEKT
KASPER KÖNIG
Samedi 13 octobre 07 à 18h, petite salle

77 79 84 97 82 78
83 93 90 91 98 86
81 92 88 85 07 00
94 01 87 80 96 95
89 06 99 02 05 03
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Kasper König, directeur du Museum Ludwig à Cologne, a été l’initiateur, il y a 30 ans, en compagnie de Klaus Bussmann, des Skulptur Projekte à Münster. Une controverse née du rejet d’une sculpture publique par la population de cette petite ville de Westphalie a montré la nécessité d’« expliquer » la sculpture moderne et son histoire complexe pour la faire accepter. Mais ce qui aurait pu n’être qu’un projet pédagogique régional est devenu un rendez-vous phare de l’art contemporain international. Il s’agit, tous les dix ans, d’inviter des artistes à créer des pièces en rapport avec un lieu de la ville ou de sa périphérie. Ce n’est pas une exposition de groupe où les œuvres sont confrontées les unes aux autres, c’est un ensemble de réalisations qui dialoguent avec la ville, ses places, ses jardins, son histoire et appellent une participation active du public. Au fil des éditions, 34 des œuvres réalisées ont été acquises par la ville, et aujourd’hui l’art contemporain fait partie intégrante du tissu urbain de Münster. Kasper König reviendra sur l’histoire des Skulptur Projekte, ainsi que sur l’édition de cette année (16 juin–30 septembre), la quatrième, dont il a partagé le commissariat avec Brigitte Franzen et Carina Plath.

Rencontre présentée par Omar Berrada

1987 par François Cusset
Bienvenue dans l'âge de l'argent fou. La bourse frémit à gros bouillons - et qu'elle déborde à la fin de cette année-là, krach éphémère d'un lundi noir d'octobre, ne changera rien à l'affaire. Les premières privatisations consacrent l'anonyme "petit porteur" en nouveau héros des démocraties de marché. Paillettes, voitures de sport et luxe tapageur permettent aux bénéficiaires de la flambée des cours de se distinguer du tout-venant travailleur. Et Francis Bouygues vient remettre en mains propres, sur le perron du ministère des finances, un chèque géant de trois milliards de francs qui fait de lui le nouveau propriétaire de TF1. À quoi bon créer lorsque triomphe ainsi la valeur d'échange, à quoi bon exposer à l'heure du tout-ostentatoire, ou croiser et soustraire quand tout ne fait plus que s'additionner? Ambiguïté du Centre en 1987, face à l'impossible quadrature du cercle des richesses. D'un côté, il affûte sa fonction de prospective ("Mémoires du futur"), de revalorisation des legs (en célébrant notamment "L'aventure Le Corbusier" ou "L'univers d'Hergé") et toujours, mieux qu'aucune galerie ou que toute la critique, d'évaluation et de sélection au sein de l'offre artistique présente (en repérant par exemple les "nouvelles tendances" parmi les "avant-gardes de la fin du 20e siècle"). Mais d'un autre côté, le Centre présente, cette année-là comme toutes les autres, des propositions absolument irréductibles à leur capitalisation ultérieure, des gestes en rupture avec l'économie dominante de l'accumulation primitive et du bon retour sur investissement : épure fonctionnelle et exploration de la ligne brute du côté de l'architecture moderniste (Le Corbusier mais aussi l'immense Mies van der Rohe), opposition de la pure dépense imaginaire à la productivité "réaliste" par le détour de mondes subjectifs d'une violente intensité (dessins d'Antonin Artaud ou portraits de Julian Schnabel), et pourquoi pas le détournement de la marque vers l'absolu de la forme (en interrogeant le design Porsche) ou du nouvel athlétisme de l'aventure vers ses ancêtres littéraires (en célébrant Blaise Cendrars). Plus l'argent change vite de mains, plus le Centre apprend à changer d'oil, de focale, de regard. Histoire de garder une longueur d'avance -ou de faire un pas de côté - face à un marché borgne ou à très courte vue. Et histoire de survivre, surtout, à la péremption accélérée de la bonne vieille "Culture". Tous les textes de François Cusset -->


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