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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
LE CAFE COSTES
PHILIPPE STARCK
12 février 07 à 19h30, Grande salle

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Né en 1949, pionnier du gonflable et des décors de boîtes de nuit (deux d’entre eux le font découvrir à la fin des années 1970), Philippe Starck gagne ses lettres de noblesse en réaménageant les appartements privés de François Mitterrand et en dessinant à New York des intérieurs de palaces d’un genre nouveau. Au-delà du design, de l’architecture et du stylisme, qu’il a fait converger autant que diverger, cet amoureux du paradoxe, qui enseigne aujourd’hui à la Domus Academy de Milan et à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, a surtout, comme aucun autre, laissé partout sa trace, ironique et virtuose à la fois. Au fil d’un inventaire que n’aurait osé imaginer Prévert : meubles, voiliers, pâtes, « non-chaises », bouteilles, balayettes, brosses à dents, sacs, abribus, ordinateurs, lunettes, poignées de portes. Crédits photos : Philippe Starck Le Café Costes

1984 par François Cusset
Qu’appelle-t-on contemporain ? Sésame d’un lieu aux portes grandes ouvertes, c’est bien ce mot que partout – comme le poète le fit jadis du nom de liberté – le Centre écrit, travaille, fouille et retourne : pour qu’il cesse d’être évident, qu’il devienne même l’unique problème, et qu’enfin on ne le confonde plus avec tous ses faux frères (le présent, l’immédiat, l’actuel). Le contemporain, c’est peut-être la justesse d’un écart au coeur même du présent, incartade ou embardée qui autoriseraient par exemple à demander, de Pierre Bonnard ou Christian Boltanski, de Marc Chagall ou Willem de Kooning (tous exposés en 1984, aussi éloigné que soit leur vocabulaire), lequel de son temps fut le plus contemporain. À moins que le contemporain ne soit une manière de spectre du présent, un supplément de fantômes dans les vapeurs d’un aujourd’hui trop lisse, auquel cas rien n’en témoignerait mieux que les murs et les rues qui nous survivent – ainsi que le rappellent, en 1984, « Images et imaginaires d’architecture » ou ces dômes pragois et ces lots grillagés dans le dédale desquels on croise « Le siècle de Kafka ». Le contemporain, c’est aussi le contretemps, la contre-histoire, dont furent deux maîtres incontestés deux créateurs aussi dissemblables que Pasolini et George Orwell. C’est encore le réagencement de séquences historiques antagoniques, ainsi que s’y essaie l’Ircam en faisant jouer à l’Ensemble intercontemporain des oeuvres de Frank Zappa. Et c’est l’art de « favoriser l’imprévisible », selon la mission qu’attribuera au Musée national d’art moderne son directeur Bernard Ceysson. Contemporain se dit enfin du résidu inassimilable, irréductible à la succession des temps, comme le rappelle crûment l’exposition du Centre sur les « déchets », cet « art d’accomoder les restes ». Rien n’est plus contemporain, en fin de compte, que ce dont le présent emporta toute trace : à côté de Martine Franck et de ses portraits de « Vingt contemporains », on est saisi cette année-là par les vues de ghettos juifs est-européens avant-guerre prises alors par Roman Vishniac, « un monde disparu » dont la rémanence par-delà le néant donne l’impression d’être le contemporain d’un présent englouti. En cette année où l’on manifeste pour l’école privée et le droit d’écouter NRJ, où l’on clame « vive la crise ! » et adoube en héros Bernard Tapie ou Paul-Loup Sulitzer, cette année où l’on nomme le virus du sida et où fleurissent sur le Minitel les premières « messageries roses », le passé pourtant semble plus contemporain que tous les gages d’avenir : même affublés de l’épithète « nouveaux », les pauvres nous rappellent à leur bon souvenir, pendant que les ouvriers de la sidérurgie lorraine affrontent les CRS, et qu’un collectif d’historiens publie le premier volume des Lieux de mémoire. Car l’année de l’eldorado californien (Jeux Olympiques obligent) et du lancement de Canal+ se consumera plus vite que ses trois grands disparus : Michel Foucault, Henri Michaux, François Truffaut. Tous les textes de François Cusset -->

 


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