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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
IDENTIFICATION DU SIDA
PHILIPPE MANGEOT
28 mars 07 à 19h30, Grande salle

77 79 84 97 82 78
83 93 90 91 98 86
81 92 88 85 07 00
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Né en 1964, Philippe Mangeot a été membre d’Act Up Paris avant d’en être le président (1997-1999). Normalien et professeur de lettres, co-fondateur en 1997 de la revue « Vacarme », il a écrit sur Michel Foucault, contre le fichage des séropositifs ou encore pour dissiper les contre-sens de la propagande « anti-communautariste ». Partisan d’un activisme pensant, engagé dans des luttes d’autant plus résolues qu’elles seront spécifiques, il n’a de cesse de rappeler, par l’écriture ou le militantisme, que toute identité n’est pas la prison qu’en font les idéologues dominants, mais une simple posture tactique, un effet de situation, une passerelle entre les mondes, précaire et malaisée. Crédits photos : Pierre et Gilles Christian et Vincent, 1983, Acquisition 1983

1983 par François Cusset
D’où vient que l’exposition consacrée en ce début d’année à l’artiste surréaliste Jean Arp (après Magritte, Dalí, Tanguy et Man Ray) paraisse nommer si parfaitement l’époque présente, capter comme en passant la vérité d’une seule année: « le temps des papiers déchirés » ? Ce « papier » qu’explore au même moment la revue « Traverses », après un dossier sur « la peur » et avant un numéro sur « l’obscène ». Car en 1983, on met en vente les premiers compact-discs, on diffuse les premiers vidéo-clips, on marche aussi des Minguettes à Paris pour faire savoir que même sans papiers on a droit au respect, on crée un Collège international de philosophie pour que vivent des corpus contraires à l’air du temps, on voit les intellectuels interpellés pour leur « silence» par le porte-parole du gouvernement, et celui-ci enterrer en mars ses promesses de « relance » en négociant soudain le « tournant de la rigueur ». Et on s’étonne des ovations que suscitent les fusées Pershing américaines installées outre-Rhin et même les milices « contras » du Nicaragua armées par la CIA. En 1983, le papier déchiré n’est pas seulement lacération cathartique ou ruse d’espion (pour glisser un oeil à travers l’entaille), mais ce parchemin jauni qu’on recolle maladroitement, et qui fait ressurgir soudain des spectres familiers : aux municipales de Dreux, le Front National fait une percée historique, tandis qu’est extradé de Bolivie Klaus Barbie pour être jugé à Lyon. Le Centre, lui, longe non sans périls la fine déchirure qui sépare le papier de ce qui lui échappe, sinon de ce qui le froisse, ou le brûle : rétrospective Balthus en « peintre dont on ne sait rien », surfaces sensibles de Robert Mapplethorpe, aciers rouillés de Richard Serra, essais musironiques de Brian Eno, catapultage entre « vidéo du réel et réel de la vidéo », ou encore ce « siècle d’inventions françaises » que célèbre Eureka 1983. Quant à Giorgio De Chirico et sa « peinture métaphysique », auxquels fait honneur la grande galerie du Musée, son fameux « portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire » de 1914 – un Apollon « las de ce monde ancien » qui tourne le dos aux fantômes d’hier comme aux désastres à venir – ressemble étrangement à un Marlon Brando en Ray Ban version buste grec. Ou à quelqu’un, en tout cas, qui aurait depuis longtemps déchiré ses papiers. Mais les ruses du signe survivent aux usages du papier. Car voilà l’énigme : un monde dont il ne resterait plus qu’un tourbillon de papiers déchirés, mais qui ne s’en saurait pas moins simple rayon en sursis dans la bibliothèque de Babel. Car « de la Sémiosphère, l’Univers n’est qu’un département », pour prendre au mot Michel Melot, directeur de la Bpi. Tous les textes de François Cusset -->

 


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