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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
FASE, FOUR MOVEMENTS TO THE MUSIC OF STEVE REICH
ANNe TERESA DE KEERSMAEKER
4 mars 07 à 18h, Grande salle

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C’est au tournant des années quatre-vingt, alors qu’on pouvait croire à une rupture décisive entre la danse et la musique, qu’Anne Teresa de Keersmaeker crée Fase, four movements to the music of Steve Reich, où s’entrelacent une structure répétitive et une physicalité jubilatoire. La pièce fait événement. Elle révèle une jeune chorégraphe belge, formée à la MUDRA de Bruxelles et à la New York Tisch School of the Arts. L’année suivante, Anne Teresa de Keersmaeker fonde sa compagnie, Rosas, avec laquelle se poursuit une création liant l’invention chrorégraphique et la musique de Bach ou de Schönberg, de Bartók ou de Monteverdi. Épure et brouillage, lisibilité et ivresse polyphonique : Rosas danse Rosas, Stella, Elena’s Aria, Ottone Ottone sont autant de jalons d’un exceptionnel parcours. Crédits photos : Anne Teresa de Keersmaeker, Fase, Four Movements To The Music Of Steve Reich

1982 par François Cusset
À mesure que s’effiloche l’état de grâce politique de la France de mai (1981), prolongé par la Fête de la Musique mais menacé par les premières mesures d’austérité économique, on n’entend plus grincer, déjà, les vieilles discontinuités françaises, des luttes de classe aux clivages domestiques. Mises à distance, changées en « différences », réduites au silence. Il aura suffi de les faire taire quelque temps pour que s’imposent les « synergies », un mot neuf, et qu’à nouveau les contraires s’associent, les ennemis négocient, qu’aux problèmes de discontinuités succèdent d’étonnantes solutions de continuité. C’est à les explorer, justement, que se risque l’an 1982 : comprendre comment on glisse de l’art à la publicité, de l’information au divertissement, de la littérature à ses millions, sans crier gare ni souffrir plus que cela. À l’ère des dualismes de combat, fait place ainsi celle des synthèses passives : on déclare que jouer a un prix, que le plus léger n’est pas le moins profitable, que créer c’est toujours déjà vendre. Au Centre, Man Ray est révélé pour ce qu’il est, l’unique chaînon manquant de Dada au Pop art ; les lycéens se passionnent pour l’anarchie onirique de son confrère Yves Tanguy ; et les piscines pastel peintes par David Hockney, nervurées de blanc et toujours solitaires, sont tout ce qui paraît subsister du désir de communauté. On se demande, sur plusieurs étages du Centre, « comment va la presse », tandis que la publicité fait son apparition dans « Libération » et qu’à la télévision, la messe n’est plus le JT mais la nouvelle série Dallas. La Bpi n’est pas en reste, posant son « regard sur les jeux de stratégie », comme si le faux kidnapping ce printemps-là de Jean-Edern Hallier fût même un cas d’école, et demandant « la littérature... à quel prix ? » l’année où un conte scolastique bat tous les records du best-seller, Le Nom de la rose d’Umberto Eco. Quant aux trois vedettes de l’année, ce sont trois prototypes publicitaires : le métro parisien, dépoussiéré par une campagne « chic et choc », l’invincible Japon, où pêcher des idées, et un éternel nouveau venu, E.T. Mais pendant que le Spectacle entre ainsi en phase expérimentale à travers tout l’Occident, la vieille haine, de son côté, peut déchaîner ses machinations sans crainte d’être dérangée : sous les yeux des soldats de Tsahal, qui ne bougent pas, les milices chrétiennes libanaises massacrent en septembre les centaines de réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila. Tous les textes de François Cusset -->

 


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