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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
LA MORT DE LACAN
Slavoj Zizek
30 mai 07 à 19h30, Petite salle

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Conférencier infatigable, théoricien truculent, auteur profus (une douzaine de titres traduits en français, pour une vingtaine en anglais), Slavoj Zizek est né en 1949 à Ljubljana, en Slovénie, où il enseigne aujourd’hui ainsi que sur plusieurs campus nord-américains. Interlocuteur et complice des grandes voix critiques du champ intellectuel mondial (dont il est sans conteste l’une des figures les plus originales), d’Alain Badiou à Judith Butler et Peter Sloterdijk, Zizek est un penseur-carrefour, situé au confluent de la tradition hégéliano-marxiste et de la psychanalyse lacanienne, mais aussi de l’histoire de la philosophie et des « blockbusters » de la pop culture — capable de débusquer Heidegger au détour de Men in Black ou la topologie lacanienne dans le cinéma de David Lynch. Théoricien critique du sujet et de l’identité, il ne se résout pas pour autant à les dissoudre dans le relativisme postmoderne, préférant les confronter sans cesse à l’actualité culturelle et politique mondiale. Parmi ses essais les plus récents : Le Sujet qui fâche (éd. Flammarion 2007), Bienvenue dans le désert du réel (éd. Flammarion 2005), Plaidoyer en faveur de l’intolérance (éd. Climats 2004), La Subjectivité à venir (éd. Flammarion 2004) ou Le Spectre rôde toujours (éd. Nautilus 2002). Crédits photos : droits réservés

1981 par François Cusset
Après « Paris-New York », « Paris-Berlin » et « Paris-Moscou », c’est cette fois l’incontournable « Paris-Paris, créations en France 1937-1957 » qu’inaugure François Mitterrand fraîchement élu et que vient même arpenter le vieux Robert Doisneau. Un peu comme si le changement d’époque commençait aussi par un retour chez soi — ce dont témoignent alors, au sommet de l’État, la continuité historique et la symbolique républicaine que le nouveau président ne cesse de mettre en avant, bien décidé à briser le sort qui empêche depuis toujours la gauche française de se maintenir durablement au pouvoir. Le Centre, quant à lui, s’il interroge par ce geste spéculaire liens et tensions entre l’art moderne et la communauté nationale, n’en continue pas moins, cette année-là, de faire passer par ses entrailles colorées les convives les plus cosmopolites : du « land-artiste » américain Walter de Maria au premier ministre indien Indira Gandhi, des excentriques anglais encore mal connus Gilbert & George aux expériences soviétiques de Rodchenko ou du premier cinéma « réaliste ». Sans oublier l’hommage rendu pour ses soixante-quinze ans à Samuel Beckett, apatride littéraire, et à sa traversée des langues. Ce souci de l’art-monde et des grands créateurs nomades se déploie en 1981 sur fond de renationalisation, non seulement des banques et de la grande industrie, qui passent en 1982 sous le giron de l’État, mais des problématiques elles-mêmes qui agitent l’espace culturel français, entre devenir-culturel de la politique socialiste (où Jack Lang demande au nouveau gouvernement de se comporter comme « 44 ministères de la culture », au moment où l’Angleterre thatchérienne et l’Amérique reaganienne mettent en pièces de leur côté l’État-providence) et dissidence artistique des derniers francs-tireurs — à l’image de Bernard Lamarche-Vadel tenant salon (des indépendants) dans son appartement sous le titre « Finir en beauté ». On sait à peu près ce qui finit en 1981, tandis que Robert Badinter fait abolir la peine de mort et les tribunaux d’exception, et que s’éteignent le père sévère de l’École freudienne et le héros tressé de la culture reggae — Jacques Lacan et Bob Marley. Mais on sait moins que jamais ce qui s’annonce, ce qui se cherche une forme, s’ébroue dans une joie inquiète. Sauf quelques émissions télé d’un genre neuf (comme la série Dallas) et la lune de miel surmédiatisée du prince Charles et de Lady Diana, dont le mariage fit converger vers Westminster en juillet les caméras du monde entier. On n’en sait rien, mais on pressent bien en 1981 que l’euphorie n’est que miracle d’interstice, entre la fin d’avant et le début du reste. L’insouciance de cette année-charnière durera-t-elle au-delà des effets d’atmosphère, avec leurs états de grâce et leurs nuits blanches sans fin ? À suivre. Tous les textes de François Cusset -->


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