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Les Revues Parlées Histoire des Trente 1977-2007
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1997
SO DIFFERENT...AND YET
JAMES COLEMAN
20 octobre 07, 15h-19h, Petite salle


77 79 84 97 82 78
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Né en 1941, l'artiste irlandais James Coleman produit des installations qui font jouer ensemble vidéo, texte, narration, voix off et qui, sous des dehors de récit, interrogent notre façon de percevoir la réalité, l'identité, la représentation, voire la perception elle-même. Tableaux vivants, tableaux d'histoire, tournages mis en scène, les travaux de Coleman constituent, selon l'expression de Benjamin Buchloh, une "archéologie du spectacle". Ses images défilent selon une temporalité longue qui est celle de la mémoire; elles dévoilent lentement leurs complexités. Les échos, les écarts entre le son et l'image ménagent au spectateur un espace de participation à l'œuvre, une participation critique de ses propres constructions mentales.

15h : projection de la pièce vidéo So Different… and Yet
16h : conférence-performance de Jean Fisher
17h : table ronde autour de James Coleman, avec Raymond Bellour, Léa Bismuth, Jacques Rancière, Christine Van Assche
19h : nouvelle projection de So Different... and Yet

Rencontre présentée par Omar Berrada

1980 par François Cusset
La nouveauté n'a rien à voir avec l'avenir, ni avec l'invention d'un temps neuf. C'est une dimension non temporelle du présent, une strate invisible venue traverser ce qui existe, saillie imprévue contre la succession cursive des temps. Pas facile, pourtant, de démonter la vieille opposition de l'ancien et du nouveau, du patrimoine et de l'invention, dans un lieu conçu comme une alternative à toute la tradition muséale. Pas facile, surtout, d'adopter cette approche en une année où, Nostradamus en tête des best-sellers, on s'enthousiasme pour la cybernétique californienne, les avancées de la science cognitive et, déjà, l'horizon de la télématique - mais où la grande surprise d'un septennat giscardien à bout de souffle est le succès de la première Année du Patrimoine, au nom de laquelle refleurissent en 1980 dans les villes et les campagnes de France reliques locales, ouvres oubliées, albums jaunis et arbres généalogiques. L'année où Margaret Thatcher s'installe au pouvoir et où Ronald Reagan y accède, pendant que Coluche désarçonne la classe politique française en présentant sa candidature aux présidentielles, telle est peut-être la tâche des esprits libres : comprendre ce qui réunit la passion de la prospective et l'exhumation des héritages, l'ode à l'avenir et la célébration du passé, articulées au sein du même discours dominant, et saisir au contraire ce qui sépare absolument, de leur époque comme de tout discours d'autorité, certains gestes d'écart au creux desquels a lieu la seule vraie nouveauté. Nouveauté intemporelle, dans la programmation du Centre pour 1980, de Kazimir Malévitch et de son autre géométrie du visible, à laquelle il associa un vocabulaire adapté ("planites et architectones"), nouveauté aussi des trajectoires du corps dansant, autour de Maurice Béjart, ou des personnages composites et grimaçants peuplant l'univers de Niki de Saint Phalle. D'une saison l'autre et d'une salle l'autre, on peut aussi envisager la migration généralisée comme la grande nouveauté du second vingtième siècle ("Errants, nomades et voyageurs"), mais traiter la photographie de son côté comme une ressource patrimoniale ("Dix photographes pour le patrimoine"). Brouiller passé et futur est toujours possible, du moment qu'on n'oublie jamais l'affirmation intempestive de Barnett Newman, lui aussi exposé au Centre en 1980, titre de son texte-manifeste de 1948 : "The Sublime is now." Le sublime vrille le présent, y creuse une tranchée où tout pourrait sombrer. Emportement esthétique, sensations singulières, révolution des formes : béances surgies au cour du contemporain par lesquelles disparaissent nos repères et nos balises - passé présent avenir balayés soudain par la force de l'Instant. Tous les textes de François Cusset -->


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