Ce célèbre architecte américain, né à Lodz en Pologne en 1946 – et naturalisé en 1965 – se destinait à une carrière musicale. Il étudie l'architecture à la Cooper Union School de New York
dont il est diplômé en 1970.
En 1988, il est l'un des huit architectes déconstructivistes présentés au Museum of Modern Art
de New York. Il réalise son premier bâtiment à Osaka (Japon) en 1990. Il est réputé pour le radicalisme de ses propositions comme en 1993 avec le projet pour le site de Sachsenhausen pour lequel
il propose de noyer les vestiges du camp de concentration nazi sous un lac afin d'« accélérer la ruine de l'histoire ».
Sa première grande réalisation est le Musée juif de Berlin. Dix ans ont été nécessaires à la construction de ce projet complexe et exemplaire (de 1989 à 1999) suivi de nombreuses autres réalisations sur le thème de la mémoire : le Musée juif à San Francisco, l'Imperial War Museum à Birmingham, le Militärhistorisches Museum de Dresde, le Jewish War Veterans Memorial à Toronto. En 2003, Daniel Libeskind a remporté le concours pour la reconstruction du World Trade Center à New York. Dans son projet, la mémoire de la catastrophe est préservée en sous-sol (les Memory Foundations) tandis que l'espoir en l'avenir est représenté par une tour en flèche (Freedom Tower) qui devrait atteindre plus de 541 mètres de hauteur. La livraison est prévue pour 2014. Si, lors de cette soirée Daniel Libeskind reviendra sur l’année 2003, il nous présentera également ses principaux projets en cours.
Rencontre présentée par Frédéric Migayrou.
2003 par François Cusset
En mars, ils sont des millions autour du globe à défiler contre la guerre, mobilisation démocratique mais aussi coordination mondiale, de Rome à Paris, Tokyo à Washington, Sydney à São Paulo.
En avril, l'armée américaine n'y pénètre pas moins en Irak, avant de s'y enliser et d'y plonger le pays dans le chaos de la guerre civile. Et dans un autre genre, le discours qu'on commence à entendre partout sur le soutien dû aux seniors ou les vertus du « papy-boom » n'a pas empêché la canicule, en août, d'emporter plus de quinze mille personnes âgées. Des paroles pieuses aux faits bruts, la distance se creuse d'un cran. Année de la désillusion, du rappel à l'ordre, des cynismes du réel en quelque sorte. Mais avant que les cataclysmes naturels ne viennent tenir lieu de seule menace pour l'Homme, c'est moins la canicule que le bon vieux conflit politique qui semble de retour : démocrates enfin réveillés face aux faucons de la Maison-Blanche, pacifistes remontés contre les gendarmes du monde, travailleurs sociaux affrontés à la froide broyeuse étatique ou médicale. D'où l'importance qu'il y a cette année-là, plus encore qu'une autre, à ne surtout pas être dupes : ni des Cassandre ni des utopistes, ni des bien-pensants ni des grands méchants, ni des médias ni des militants. Déjouer la duperie n'est pas par hasard l'un des axes de la programmation du Centre : se demander, longtemps après Malraux, si les grandes religions, en plein retour en grâces, ont vraiment réponse à tout « face aux interrogations contemporaines » (colloque à la BPI) ; aller voir, avec le Centre de création industrielle, ce que cachent les clichés du miracle chinois et du nouveau géant (« Alors, la Chine ? ») ; reconstituer in vivo la célèbre collection personnelle d'André Breton, contre son embaumement muséal et avant son éventuelle dispersion commerciale (puisqu'elle doit être mise en vente) ; casser le folklore vieillot et les nostalgies du noir et blanc pour comprendre ce que faisait vraiment Jacques-Henri Lartigue ; dépasser l'image de Jean Cocteau en mondain de transition ou en dandy désinvolte pour suivre son parcours « sur le fil du siècle » ; ou encore moquer aussi bien les pédopsychiatres à la mode que le grand Freud lui-même en montant le colloque « Totems et doudous », sur les objets transitionnels et tout « l'appareil régressif ». Preuve qu'il ne suffit pas de ne pas être dupe, d'exiger la vérité, de re-politiser le débat : un fort zeste d'ironie et une lutte enjouée contre les discours d'autorité sont requis eux aussi, au Centre comme ailleurs, pour ne pas rendre les armes – ni mourir d'ennui. Tous les textes de François Cusset -->
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